26/04/15 - Marathon de Düsseldorf





25/07/2014
Je me rends, en famille, à l'exposition organisée à l'occasion du marathon de San Francisco afin de retirer mon sac de participant à la course.
C'est aussi l'occasion de visiter les différents stands où se mêlent équipements de running, produits alimentaires pour sportifs, associations caritatives etc...
Un stand est tenu par les organisateurs du marathon de Düsseldorf en Allemagne; là, les visiteurs sont conviés à participer à un tirage au sort pour gagner une place à la course.
"Madame" finit de me convaincre de tenter ma chance arguant que l'on ferait la course ensemble si tous les deux étaient gagnants. Après tout, ça ne coûte rien.


20/10/2014
Nous recevons tous les deux, par mail, une invitation sous forme de code, valable jusqu'à la fin février 2015 à entrer sur le site d'inscription du marathon de Düsseldorf qui aura lieu le 26/04/2015.


01/02/2015
En période creuse d'entraînement, je ne peux me défiler devant l'opportunité de recourir un marathon alors je décide de confirmer mon inscription au marathon pour me donner un coup de fouet.
"Madame" doit déclarer forfait, de son côté, à cause de douleurs dorsales persistantes.
Le billet d'avion et la chambre d'hôtel sont réservés 10 jours plus tard.


24/04/2015
C'est donc en solo que je débarque à Düsseldorf.
L'Allemagne est, grosso modo, à moins de 3h00 d'avion de Toulon et pourtant ce fut bien plus compliqué d'y aller que de se rendre à San Francisco, 9500 kms plus loin : marche, bus, avion, navette pour changer de terminal, car pour changer d'aéroport, métro... j'ai eu droit à tout un panaché de transports dont je me serais bien passé 10 heures durant.
Une fois à l'hôtel, j'ai vite pu me rendre compte, sans trop de surprise, que des coureurs y logeaient, notamment des russes arrivés en même temps que moi.


25/04/2015
Ce samedi matin, décrassage léger de 5 kms sous la pluie, histoire de rafraîchir la mémoire à des gambettes "reposées" depuis mercredi. L'après-midi, ballades dans le centre-ville, galeries marchandes et espaces verts. Düsseldorf est une jolie ville alliant architectures modernes et bâtiments anciens.
Mais la journée est surtout marquée par le retrait de mon dossard à l'exposition d'avant course où je vais également acheter le tee-shirt de l'événement.
Beaucoup d'exposants représentent les marathons européens mais il n'y a pas de concours pour gagner une entrée.
Le soir, dernière belle gamelle de pâtes à avaler. Une fois la course terminée, quel plaisir de remanger des légumes après un tel régime hyper glucidique (que des féculents depuis mercredi soir) !







les organisateurs se sont emmêlés le parcours...


26/04/2015 : "Tag-T", nous y sommes !


Le mal de dos du matin, amplifié par une literie trop molle, m'oblige à faire quelques exercices (rien de pire que de courir comme un piquet avec un dos tendu).
Petit dej' très sucré mais digeste et hop ! on est parti.
Des pluies éparses sont annoncées depuis quelques jours, le sol est mouillé mais la couverture nuageuse retient ses pleurs pour le moment. Il ne fait pas bien chaud mais le temps est appréciable pour courir.
Au point de rendez-vous, la foule est présente à 8h30, 30 minutes avant le départ; certains sont concentrés et s'échauffent avec sérieux pendant que d'autres plaisantent.
Les files d'attente devant les toilettes mobiles commencent à s'allonger et à 8h45, je décide de prendre mon ticket en espérant ne pas avoir l'envie d'y retourner au bout de 5 kms comme à San Francisco où j'avais dû faire un arrêt prolongé "aux stands" à mi-course.

9h00, le départ du marathon est donné !
Pas de vagues de départ cette fois-ci, tout le monde part en même temps en respectant néanmoins un code couleur: les pastilles rouges sur le dossard (temps de course auto-estimé à 2h30/2h59) sont en tête, suivies des bleues (3h00/3h29), des noires (3h30/3h59) puis des vertes (4h00/4h29, j'en suis) et enfin des blanches (plus de 4h30).
Les premiers pas se font en marchant puis s'accélèrent progressivement à l'approche de la ligne de départ où je déclenche le chrono de ma montre.
Les habitants sont là tout le long de la grande avenue pour encourager ce petit monde encore tout exalté et insouciant; les premières centaines de mètres, ça rigole, ça discute et ça se déleste déjà derrière un buisson, un arbre, un spectateur... non pas un spectateur, du trop plein de liquide avalé quelques minutes avant. Le peloton est bien groupé mais commence à s'étirer.

Arrivé au km 10, en fin de traversée du grand pont de la ville, on croise les ténors de la course qui déboulent déjà à sens inverse. Vu leur allure, on ne fait pas les marioles, certains applaudissent même. "Oh oh, gardez un peu de dignité et ne vous abaissez pas ça, on va finir par les rattraper... dans 30 kms..." Au km 18, on retraverse le pont pour plonger dans le centre et on croise à notre tour de nombreux coureurs. Ça rassure un peu.

Le monde est toujours très présent tout au long du parcours et fait du bruit, applaudit, encourage (ça aide d'avoir son prénom inscrit sur son dossard); les enfants tendent un bras pour qu'on leur tape dans la main, j'essaie de ne pas en louper une seule, je trouve ça tellement sympa cette communion avec le public.
Les gens regardent aussi la course de leur balcon ou de leurs fenêtres, certains ont mis la sono à fond (ceux qui voulaient dormir ce dimanche matin en ont pour leur compte), l'ambiance est très festive.
Les virages bondés de monde donnent de vrais coups de pied au cul alors que les rares portions désertes et silencieuses rappellent ces longues sorties parfois insipides dans la nature qu'il a fallu avaler pour en arriver là.





Les ravitaillements sont postés tous les 5 kms avec des postes en eau tous les 3 kms.
Je tâche de m'arrêter 2/3 secondes à chacun d'eux pour boire convenablement.
Pour passer le temps et jauger mon allure, je choisis un coureur, 100 mètres devant moi, reconnaissable par son équipement coloré. Je compare régulièrement mes temps intermédiaires au kilomètre indiqués sur la montre fixé sur mon poignet gauche avec les temps de référence pour une course en 4h00 inscrits sur un bracelet en papier enroulés autour de mon poignet droit. Avec du recul, je calcule un peu trop.

Les kilomètres défilent et à part une légère baisse de régime au km 24, tout roule.
Le mal de dos est derrière moi, les ampoules aux pieds semblent en veilleuse et les genoux ne se disloquent pas encore.
J'atteins le km 30, réputé pour être celui du "mur" (le mien arrive généralement au km 25 en entraînement) qui heurte le coureur une fois la réserve de glucogène épuisée; mais rien à l'horizon, probablement grâce à ces petites gommes à mâcher hyper sucrées que j'ai englouties vers le km 20 quand mes pensées commençaient à être diverties par ces fichus donuts offerts à l'arrivée.
Mon allure ne faiblit pas, je me sens bien, la confiance est là et forcément je pense aux 3h59.
Km 38, je me ravitaille une dernière fois pour essayer de donner le maximum dans le final.
Les 3 derniers kilomètres semblent durer une éternité; je pense davantage à regarder ma montre que la route. J'espère parvenir à mon but, je m'étonne de doubler autant de coureurs (pas concurrents car nous sommes tous dans la même galère !).
L'arrivée est au bout de la dernière boucle, la perspective est trompeuse, il reste des centaines de mètres à courir. Les secondes dégoulinent et ma montre finit par me raisonner, je n'arriverai pas sous les 4 heures.
À 500 mètres de la ligne environ, je double un coureur végétarien (c'est inscrit sur son maillot) et n'ai pu m'empêcher d'avoir cette pensée ironique : "ce sont les filets de poulet que j'aime tant qui vont me donner la force nécessaire d'arriver avant".
C'est idiot mais après 42 bornes, on ne cherche plus à donner dans la finesse.
Je franchis la ligne les poings levés, je suis content d'avoir fini mon second marathon.
J'arrête le chrono de ma montre qui m'indique 04:00:24 pour 42,530 kms (ça fait du moins de 4h00 sur du 42,195 kms ça...)


sur la ligne


Je marche quelques mètres et une jeune allemande me décore d'une jolie médaille couleur argent.
Un coureur me tape dans la main, certains ont commencé les étirements post-course.
On marche 300 bons mètres avant d'arriver dans une enclos prévu pour les coureurs uniquement; on y trouve des toilettes mobiles et deux chapiteaux.
Dans l'un d'eux, pris d'assaut, se trouvent les tables de massage.
Je passe mon tour car... DONUUUTTS !!!!!!... chacun ses priorités, le naturel revient vite au galop.
Dans l'autre - Ô combien plus intéressant - le buffet où sont proposés à volonté bière, coca, bananes, barres de céréales et les fameux beignets à la confiture de fraise.
La bonne conscience n'a pas mot à dire, elle est allée faire un footing. Bien lui en fasse !
La mauvaise, elle,  me rappelle sans vergogne que j'ai perdu 3245 calories pendant cette course...

Dans un coin de la tente, il est possible de personnaliser sa médaille en faisant graver sur son dos son nom et le temps accompli; c'est l'occasion de connaître son temps officiel, le verdict tombe : 04:00:20. Next !
Dernier tour au buffet (je ne résiste pas aux cris stridents des donuts) et je reprends la route, alternant courses et marches, direction l'hôtel pour une bonne douche.
Les pieds n'ont pas trop souffert; seul l'ongle du gros orteil droit tend à se noircir mais un coup d'aiguille désinfectée pour crever l'ampoule qui s'y cache derrière m'évitera de le perdre.
Une fois propre, je suis retourné dans le vieux centre profiter encore de la bonne ambiance.


pas très diététique mais il fallait bien que je goûte à une spécialité locale !


Ce marathon de Düsseldorf a été une très bonne expérience, très enrichissante.
Le fait d'avoir fini la course en bon état et mes temps intermédiaires (je fais quasiment le même temps sur les deux moitiés du parcours) me laissent penser que je peux encore progresser.
À condition d'oser prendre davantage de risques... facile à dire.
Je pense déjà à la prochaine course que je compte préparer sérieusement.
Ce sera probablement le marathon de Los Angeles en février 2016.


27/04/2015
Je repars vers la France avec tout le tralala de correspondances "métro/bus/avion/navettes" qui m'attend. Finalement, l'épreuve la plus pénible du week-end, c'était bien celle-là !